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Les mains de Louis Braille de Hélène Jousse

 

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J.C. Lattes 08/02/2019

♥♥♥♥   coup de cœur 

Résumé éditeur :

Veuve depuis peu, Constance, la quarantaine, auteur de théâtre à succès, se voit confier l’écriture d’un biopic sur Louis Braille par son producteur et ami Thomas. Assistée d’Aurélien, mystérieux et truculent étudiant en histoire, elle se lance à cœur perdu dans une enquête sur ce génie oublié, dont tout le monde connaît le nom mais si peu la vie.
Elle retrace les premières années de Louis Braille, au tout début du XIXe siècle, ce garçon trop vif qui perd la vue à l’âge de trois ans à la suite d’un accident. Déterminé à apprendre à lire, il intègre l’Institution royale des jeunes aveugles. Mais dans ce bâtiment austère et vétuste, où les petits pensionnaires sont élevés à la dure, nul n’entend leur enseigner la lecture. Et pour cause  : il n’existe aucune méthode. Constance découvre le combat de Louis pour imaginer la lecture au bout des doigts, jusqu’à l’invention, à même pas dix-huit ans, du système qui a révolutionné depuis la vie de tous les aveugles.
Dans ce roman, hommage à ce garçon dont le génie n’avait d’égale que la modestie, Hélène Jousse entremêle les vies et les époques et explore la force de l’amour, sous toutes ses formes. Avec une question qui affleure  : qu’est-ce qu’un destin, sinon une vie qui fait basculer celle des autres ?

Mon commentaire :

Merci à Hélène Jousse de m’avoir fait rencontrer ce petit Louis.

Qui ne connait pas le nom de Louis Braille? Mais que sait-on de lui, si ce n’est sa formidable invention qui a révolutionné la vie des aveugles? Véritable génie, c’est entre 12 et 16 ans que Louis conçoit ce fabuleux système de lecture et d’écriture à partir d’une écriture syllabique créée pour l ‘armée. Ensuite il y aura bien évidemment des petites modifications mais tout avait été pensé par un adolescent plein d’humilité.

L’auteur a eu l’originalité de juxtaposer deux époques dans ce roman. Constance qui vit mal son veuvage se raconte pendant l’écriture du scénario d’un film sur Louis Braille.  Les scènes du film alternent avec les notes de Constance sur son quotidien et ses difficultés d’écriture, la naissance d’un scénario ayant ses impératifs. Peu importe la vérité, pour le producteur, il faut capter l’attention du spectateur, le divertir, ne pas l’ennuyer et inventer au besoin. Mais Constance s’est attachée à Louis et ne veut pas trahir un si beau personnage. Les scènes de son scénario sont émouvantes et recréent avec beaucoup de sensibilité l’ambiance de l’Institution Royale des Jeunes Aveugles et les tâtonnements de Louis avant la réussite.  

Hélène Jousse, elle aussi, a certainement beaucoup inventé et brodé mais c’est le Louis Braille qu’elle m’a fait découvrir auquel je veux croire, même si le vrai Louis avait peut-être moins de qualités.

Quel magnifique roman dévoré en 2 petites journées!

Sélection premier semestre 2019 des 68 Premières Fois   banderole

Merci aux Editions J.C. Lattes et à NetGalley

#LesMainsDeLouisBraille #NetGalleyFrance

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François, roman de François Taillandier

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Stock    16/01/2019

♥♥♥♥   coup de cœur 

Résumé éditeur :

« Je le regarde, ce François de la photographie, un peu compact dans son blouson soigneusement fermé, avec sa bonne grosse tête sous sa tignasse coupée en frange. Il y a de la gravité dans son regard ; on sent qu’il ne prend pas les choses à la légère. De la défiance, aussi. Il paraît sur ses gardes. Il veut bien jouer le jeu, puisqu’il n’a pas le choix, mais on sent qu’il organise des défenses.
Je lui dois tout, à ce François de sept ans, c’est lui qui détient dans son regard grave et ferme le secret de toutes mes ténacités, de mes obstinations, de mes solidités. »

Mon commentaire :

Un grand plaisir de lecture.

« François, roman » n’est pas un roman. C’est la vision pleine de sensibilité du François Taillandier d’aujourd’hui, 50 ans plus tard, face à la photo du petit François de 7 ans. L’auteur écrit souvent « je » et parfois « François ». Cette alternance de point de vue rythme son récit. Ce sont son éducation et son amour de la littérature dès l’enfance qui ont façonné l’écrivain qu’il est devenu.

Tout en se remémorant qui il était, François Taillandier décrit le quotidien des années 1960 à Clermont-Ferrand avec la famille, l’école catholique, puis l’adolescence car il revient aussi assez souvent sur le François de 14 ans. Ensuite ce sont ses années étudiantes avec toute la naïveté de son engagement politique fait plus par effet de mode que par réelle conviction. Tout est raconté avec justesse et humilité, sans nostalgie, et beaucoup de provinciaux de cette génération se reconnaitront.

Par ce retour aux sources François Taillandier témoigne, de sa belle écriture, des bouleversements de notre société depuis les années 60.

Merci aux Editions Stock et à NetGalley    pro_reader_120

#FrançoisRoman #NetGalleyFrance

https://www.france.tv/france-2/dans-quelle-eta-gere/910619-francois-roman-de-francois-taillandier-stock.html

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En attendant le jour de Michael Connelly

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Calmann-lévy   13/03/2019

Titre original : The Late Show

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin

Résumé éditeur :

L’inspectrice Renée Ballard, la nouvelle héroïne de Michael Connelly 

Reléguée au quart de nuit du commissariat d’Hollywood, l’inspectrice Renée Ballard se lance dans des enquêtes qu’elle n’a pas le droit de mener à leur terme. Le règlement l’oblige en effet à les confier aux inspecteurs de jour dès la fin de son service. Mais, une nuit, elle tombe sur deux affaires qu’elle refuse d’abandonner: le tabassage d’un prostitué laissé pour mort dans un parking, et le meurtre d’une jeune femme lors d’une fusillade dans un night-club. En violation de toutes les règles et contre les désirs mêmes de son coéquipier, elle décide de travailler les deux dossiers de jour tout en honorant ses quarts de nuit. L’épuisement la gagne, ses démons la rattrapent et la hiérarchie s’acharne, mais Renée Ballard n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

Mon commentaire :

J’attendais avec impatience de découvrir la nouvelle héroïne de Michael Connelly et bien évidemment j’ai dévoré à toute vitesse son dernier polar. Tous les codes du Connelly de base sont en place. Il a remplacé Harry Bosch qui commence tout de même à se faire vieux par l’inspectrice René Ballard, une jeune métisse pleine d’énergie. Elle aussi est atypique, en opposition avec sa hiérarchie et ses collègues plus ou moins machos et corrompus, avec un passé douloureux et tout aussi acharnée pour résoudre non une enquête mais plusieurs. A ce niveau-là, donc, pas de surprise c’est du Connelly avec une femme qui sait, elle aussi, prendre des coups. J’ai l’impression que l’auteur met doucement en place sa nouvelle enquêtrice pour que le lecteur s’y habitue peu à peu.

Mais surprise il y a quand même eu car je n’avais absolument pas vu venir le dénouement.

Alors pour tous les afficionados de Connelly un conseil : Foncez !

Moi, j’attends la suite de ses aventures avec impatience.

Merci à Netgalley et aux Editions Calmann-Lévy    pro_reader_120

#EnAttendantLeJour #NetGalleyFrance

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Le Faussaire de Hambourg de Cay Rademacher

Sans titre
Éditions du Masque 16/01/2019

Titre original Der Fülsher

Traduit de l’allemand par Georges Sturm

Résumé éditeur :

Hambourg, 1948. Au cours d’une interpellation de routine à Sankt Pauli, l’inspecteur principal Frank Stave est grièvement blessé. Une fois rétabli, il quitte la brigade des Homicides pour l’Office de lutte contre le marché noir. Il est immédiatement confronté à une affaire énigmatique : des femmes en train de déblayer les ruines d’un immeuble de bureaux sont tombées sur des œuvres d’art datant de la République de Weimar – juste à côté d’un cadavre, dont le collègue des Homicides n’a manifestement pas l’intention de découvrir l’identité.
Peu de temps après, le lieutenant MacDonald confie une autre enquête à Stave : de curieux billets de banque ont fait leur apparition au marché noir et dérangent les plans secrets des Alliés. Stave découvre d’étranges parallèles entre les deux affaires… Mais la vérité est dangereuse. Et pas seulement pour lui…

Mon commentaire :

C’est avec le plus grand plaisir que j’ai retrouvé l’oberinspektor Frank Stave dans ce nouveau polar allemand qui se déroule à Hambourg en 1948, ville où les gens manquent toujours de tout et ont faim. Stave est un policier intègre, rescapé de la période nazie mais il n’a pas que des amis parmi ses collègues. Bien que ce soit l’époque des procès beaucoup sont passés entre les mailles du filet et font tout pour étouffer certaines affaires tout en conservant certaines habitudes de la Gestapo.

Un cadavre, des objets d’art de l’époque dite dégénérée, de la fausse monnaie. Stave en enquêtant sur ces diverses affaires nous emmène dans le quotidien des petits gens qui doivent, pour survivre imaginer de multiples combines.

J’ai beaucoup apprécié le coté historique de ce polar très classique que Cay Rademacher a situé pendant les quelques jours qui ont précédé l’arrivée de la nouvelle monnaie émise par les alliés. Le Reichsmark qui ne vaut plus rien va être remplacée par le Deutsche Mark et l’on sent toute l’anxiété de la population allemande mais aussi celles des militaires alliés.

Peut se lire sans avoir lu les 2 romans précédents.  
 
Merci aux Editions du Masque et à NetGalley          pro_reader_120

#LeFaussaireDhambourg #NetGalleyFrance

LA MAISON DES MENSONGES de Ian RANKIN

Sans titre
Le Masque   29/05/2019

Titre original : In a House of Lies

Traduit de l’anglais (Écosse) par Freddy Michalski

Résumé éditeur :

Le corps d’un détective privé, porté disparu en 2006, est découvert dans une voiture cachée dans la forêt près d’Édimbourg. Un comble pour sa famille et pour la police locale car cette région avait à priori déjà été fouillée par les officiers à l’époque. L’inspecteur Siobhan Clarke reprend l’enquête et se voit obligée d’examiner les nombreuses erreurs commises par ses prédécesseurs. Les rumeurs d’incompétence et de corruption courent depuis toujours et à présent, plus de dix ans après, il est temps de découvrir la vérité. Tous les officiers en poste à l’époque sont interrogés et il s’avère que tout le monde a quelque chose à cacher. Même John Rebus…

Mon commentaire :

La Maison des Mensonges est un roman policier de facture assez classique que Ian Rankin situe dans la période avant-Brexit avec les remaniements de la police d’Écosse, les coupes budgétaires et la difficulté pour les policiers les plus anciens à se familiariser aux nouvelles techniques. Il y a des hommes d’affaires véreux, des luttes entre clans pour la mainmise sur le monopole de la drogue, des guerres entre les différents services de la police, des policiers à l’ancienne et des ripoux. La maison des mensonges c’est la Grande Maison celle de la police Écossaise.

Avec la découverte d’un cadavre vieux d’une douzaine d’années c’est un cold case que toute une nouvelle équipe reprend en se plongeant avec minutie dans le travail de l’enquête d’origine et en traquant tous les manquement de l’époque. Pour moi 2006 n’est pas une époque si lointaine et pourtant Ian Rankin décrit des méthodes de travail de la police bien archaïques.

Après un début assez lent l’enquête se met bien en place mais les personnages sont très nombreux et il faut au lecteur un peu d’attention pour ne pas s’y perdre d’autant plus qu’il y a 2 histoires. C’est mon premier Ian Rankin donc je ne connaissais pas ses personnages récurrents et j’ai bien envie de me plonger dans d’autres aventures de l’inspecteur John Rebus.

Merci aux Editions Le Masque et à NetGalley  pro_reader_120

#LaMaisonDesMensonges #NetGalleyFrance

384 pages

EAN : 978-2702449271

Un matin d’hiver de Philippe Vilain

Sans titre
Grasset 03/04/2019

Résumé éditeurs :

Une femme rencontre un homme, ils s’aiment. Ils ont la vie de tout le monde. Un couple, un enfant, une certaine lassitude qui n’est pas désagréable, aussi. Un jour, Dan annonce qu’il va voir ses parents aux États-Unis. Seulement voilà, il n’y va pas. Il disparaît même complètement de la vie de la narratrice.
Quinze ans après, l’obsession de la disparition s’étant émoussée, leur fille ayant grandi, d’autres hommes étant entrés dans sa vie, elle tente de gérer l’inexplicable. Peut-on vivre avec un fantôme?   

Mon commentaire :

C’était un couple normal, ils s’aimaient, eurent un enfant et un jour l’homme part en voyage pour son travail et ne donne plus jamais aucun signe de vie. Philippe Vilain décrit très bien le désarroi pudique de celle qui se retrouve seule sans explication ni certitude. L’auteur explore les interrogations, les suppositions, les doutes, le vide abyssale. Il nous conte la lente reconstruction d’une femme qui semblait plus amoureuse que son mari et qui doit penser à protéger son enfant. Elle ne peut faire le deuil, personne ne sait si il est mort ou si il s’est choisi une autre vie.

Ce thème de la disparition on le trouve fréquemment dans des romans policiers mais Philippe Vilain, ici, l’analyse avec beaucoup de subtilité. Pour nous donner ce roman sensible il dit s’être inspiré des confidences d’une femme à laquelle était arrivée la même chose.

C’est le premier livre de cet auteur que je lis et je dois avouer que je suis un peu restée en surface et ne suis pas totalement entrée dans l’esprit de cette femme.

Merci à Grasset et à NetGalley  pro_reader_120

#UnMatinDhiver #NetGalleyFrance

144 Pages :

EAN : 9782246812395

La mer monte de Aude Le Corff

9782234087187-001-T
Stock 13/03/2019

Résumé éditeur :

Lisa vit seule à Paris dans un appartement connecté. Dehors, le chant des cigales est aussi accablant que la chaleur, les drones filent entre les immeubles et surveillent les habitants, des créatures virtuelles parlent aux piétons. Nous sommes en 2042. Des catastrophes naturelles ont frappé le monde, forçant les dirigeants à entamer une transition écologique radicale. La jeune femme participe à cette nouvelle société mais aspire à plus de liberté. Quant à Laure, sa mère, elle cherche des remèdes à son anxiété. Depuis l’enfance, Lisa s’interroge. Quel évènement a bouleversé sa mère dans les années 90 ? Pourquoi un tel silence autour ? Le journal de Laure et l’enquête de Lisa en dévoileront peu à peu les clés.

Mon commentaire:

Aude Le Corff situe son héroïne, Lisa, en 2042 quand elle fait des recherches sur son énigmatique mère, Laure, déstabilisée, dans les années 1990, par la disparition de son premier grand amour. De courts chapitres font alterner ces deux périodes.

J’ai beaucoup aimé les parties futuristes décrites avec un certain humour. La vie a beaucoup changé en raison d’un grand réchauffement climatique. Les parisiens sont surveillé en permanence par des drones gardiens de leur bonne hygiène de vie et des robots qui allègent les corvées du quotidien.

(Le rêve pour moi, un robot qui pourrait faire tout le ménage et la cuisine!). Elle aborde des thèmes moins légers sur l’exode climatique, la fermeture des frontières ou la solitude des individus.

Les parties sur la recherche des secrets de la mère m’a moins intéressée. J’ai bien évidemment eu envie de savoir ce qui était arrivé à son amour de jeunesse mais j’ai trouvé que ça n’avait pas vraiment d’intérêt. Cependant il y a une petite réflexion sur le fait qu’on ne connaît jamais totalement ses parents dont la vie avant nous est un vrai mystère, en particulier pour cette mère souvent absente peu aimante.

Sans que ce soit pesant Aude Le Corff nous fait réfléchir sur notre avenir et les conséquences de nos négligences en matière de transition écologie. Elle n’est jamais moraliste. Cette lecture agréable et inventive est parfaite en ces temps de canicule!

Merci aux éditions Stock et à NetGalley  pro_reader_120

#LaMerMonte #NetGalleyFrance

252 pages

EAN : 9782234087187

Bondrée de Andrée A. Michaud

Sans titre
Rivages Noir (Poche) 10 2017

Résumé éditeur :

À l’été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L’enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu’une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre et qu’un tueur court à travers les bois de Bondrée.
Une écriture raffinée au service d’atmosphères angoissantes et de subtiles explorations psychologiques, dans la plus pure tradition de Twin Peaks de David Lynch.
 Bondrée a reçu le Prix du Gouverneur général du Canada, le Prix Arthur Ellis et le Prix Saint-Pacôme du roman policier.

Mon commentaire :

Pas de suspense pour le titre de ce roman québecois: bondrée est un dérivé canadien de border ou boundary qui signifient frontière en anglais. Je ne spoilerai pas plus ce passionnant polar.

L’intrigue se déroule en 1967 dans la forêt autour d’un lac à la frontière entre le Québec et les USA. Dans ce lieu idyllique des familles des deux pays passent de tranquilles vacances sans jamais vraiment se mélanger. Tout parait calme dans ce petit village écrasé par la chaleur et entouré d’une forêt dense, un peu étouffante. La nature est omniprésente et les descriptions de l’auteure sont magnifiques. Jusqu’au jour où le malheur arrive…

Andrée A. Michaud donne la parole en alternance aux différents protagonistes: l’enquêteur, la jeune observatrice, les victimes, les parents, les voisins même le meurtrier! Chacun donne son avis et émet ses hypothèses.

C’est avant tout un roman d’ambiance mais c’est aussi un roman initiatique car ce qui arrive va choquer les enfants et sans doute les faire sortir de l’enfance. Bien que la progression soit assez lente l’intrigue est rythmée et bien ficelée. J’ai été tenu en haleine jusqu’à la fin et le dénouement m’a surprise.

L’écriture de Andrée A. Michaud est très particulière car elle mêle allègrement français et anglais dans un style très fluide. Ordinairement je suis agacée par les auteurs français qui émaillent leurs textes de nombreuses phrase en anglais ou espagnol, avec Andrée A. Michaud c’est fluide, ça coule de source et tout à fait adapté à son récit. Pas besoin de traduction.

L’inspecteur américain s’appelle Michaud et la jeune observatrice, qui a l’âge de l’auteur en 1967, Andrée. Amusant non? (En plus une des protagonistes est Françoise dite Frenchie!)

Merci aux Éditions Rivage Noir et à Léa du Picabo River Book Club  picabo (2)

qui ont permis à un petit groupe d’échanger avec Andrée A. Michaud. Ce fut une rencontre très sympathique et chaleureuse où nous avons pu bavarder avec en toute simplicité avec l’auteur qui m’a fait une gentille dédicace. C’était mon premier Michaud mais Lazy Bird est sur le dessus de ma pal.  réduit

330 pages

EAN: 9782743640613

Je suis le carnet de Dora Maar de Brigitte Benkemoun

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Stock   02/05/2019

Coup de cœur ♥♥♥♥♥

Résumé éditeur :

Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.
A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus… J’ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall… E : Éluard… G : Giacometti… À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan…
P : Ponge, Poulenc… Vingt pages où s’alignent les plus grands artistes de l’après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?
Il m’a fallu trois mois pour savoir que j’avais en main le carnet de Dora Maar.
Il m’a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d’adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s’abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s’appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.
  B.B.

Mon commentaire :

Brigitte Benkemoun trouve par hasard un carnet d’adresse de 1951 où les noms compilés sont en majorité liés au milieu artistique parisien de l’époque. Et quels noms! Eluard, Cocteau, Lacan, Breton, Noailles… L’auteur nous explique ses recherches qui l’amène à conclure que ce carnet appartenait à Dora Maar, photographe et peintre reconnue, «la femme qui pleure» de Picasso (une de ses maîtresses) et nous livre une biographie très originale.

Chaque chapitre correspond à un nom et à un numéro de téléphone et l’auteur essaie de replacer l’artiste dans le contexte. Certains noms sont très présents, d’autres moins et Picasso est toujours en toile de fond bien que son nom ne soit pas noté dans le carnet. Brigitte Benkemoun s’est beaucoup documentée, elle a interrogé ceux qui étaient encore vivants ou leurs descendants et lu les courriers et journaux laissés par beaucoup de ces personnages connus. Au fil des chapitres l’auteure dessine un portrait sans concession de Dora Maar, femme étrange et complexe. Elle ne l’idéalise pas comme font souvent les biographes. Elle nous donne aussi une bonne description de ce milieu artistique des années 1930 à 1960.

J’ai lu ce passionnant récit comme un roman policier, d’une seule traite et je suis enchantée d’avoir beaucoup appris sur Dora Maar que je ne connaissais pas bien.

L’auteure a montré ce carnet à la télévision mais est-ce un subterfuge ou existe-il vraiment? Aucune importance, ce qui est passionnant c’est ce qu’elle a su tirer de cette liste de noms. Et un hasard n’arrivant jamais seul il y a en ce moment une rétrospective Dora Maar au Centre Pompidou. A moins que ce ne soit une coïncidence…

Merci aux Editions Stock et à NetGalley    pro_reader_120

#JeSuisLeCarnetDeDoraMaar #NetGalleyFrance

336 pages  

EAN : 9782234083608

La Partition de Diane Brasseur

Sans titre
        Allary Editions     02 mai 2019

Résumé éditeur:

De la Grèce aux rives du lac Léman, une superbe fresque familiale.

Un matin d’hiver 1977, Bruno K, professeur de littérature admiré par ses étudiants, se promène dans les rues de Genève. Alors qu’il devise silencieusement sur les jambes d’une jolie brune qui le précède, il s’écroule, mort.

Quand ses deux frères Georgely et Alexakis apprennent la nouvelle, un espoir fou s’évanouit. Le soir même, ils auraient dû se retrouver au Victoria Hall à l’occasion d’un récital de violon d’Alexakis. Pour la première fois, la musique allait les réunir.

La Partition nous plonge dans l’histoire de cette fratrie éclatée en suivant les traces de leur mère, Koula, une grecque au tempérament de feu.
Elle découvre l’amour à 16 ans, quitte son pays natal pour la Suisse dans les années 20 et refera sa vie avec un homme de 30 ans son aîné. Une femme intense, solaire, possessive, déchirée entre ses pays, ses fils et ses rêves. Une épouse et une mère pour qui l’amour est synonyme d’excès.

Mon commentaire :

La Partition de Diane Brasseur est une saga flamboyante et addictive que l’auteur, avec un style très personnel, nous distille par petits chapitres, semant le doute et l’incompréhension pendant tout son roman.

Le récit commence par le décès de l’aîné d’une fratrie de 3 garçons juste avant leur retrouvailles après des années de séparation. Pour comprendre la dislocation de cette famille l’auteur remonte aux années 1920, à la jeunesse de leur mère Koula. Et quelle mère! Fantasque, écervelée, autoritaire, invivable, se prenant toujours pour le centre du monde et engluant deux de ses fils d’un amour débordant mais que moi je trouve égoïste. Sa seule décision sensée c’est quand on lui intime l’ordre de ne partir qu’avec un seul de ses deux fils et qu’elle choisit le plus faible, l’aîné.

Je n’ai pas vraiment pu m’attacher à cette femme, que certains peuvent trouver flamboyante mais que moi je trouve trop extravagante et soûlante. Je sais pourtant que de telles mères existent. Je ne suis pas bien entrée non plus dans la psychologie des autres personnages que j’ai trouvés un peu trop superficiels.

Le titre Partition est-il choisit au sens d’une partition musicale, la musique ayant une place centrale dans ce récit ou d’une partition familiale, Koula, la mère ayant dû choisir lequel de ses deux premiers fils elle garde? J’ai lu quelque part que l’auteur s’était inspiré de lettres familiales pour créer ses personnages et j’aurais bien aimé en savoir un peu plus. Les extraits de lettres sortent-ils de son imagination ou ont-ils été écrits par des personnes réelles?

Par ailleurs je n’ai pas compris pourquoi l’auteur nomme son personnage Bruno K et non Bruno tout simplement. Et ça m’a bêtement agacé pendant toute ma lecture!

Merci à Allary Editions et à NetGalley.  pro_reader_120

#LaPartition #NetGalleyFrance

448 pages

EAN : 978-2-37073-281-1|

Des hommes couleur de ciel de Anaïs LLobet

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Les éditions de l’observatoire 09/01/2019

♥♥♥♥   coup de cœur

Quatrième de couverture :

Dans le pays où est né Oumar, il n’existe pas de mot pour dire ce qu’il est, seulement des périphrases : stigal basakh vol stag, un « homme couleur de ciel ».
Réfugié à La Haye, le jeune Tchétchène se fait appeler Adam, passe son baccalauréat, boit des vodka-orange et embrasse des garçons dans l’obscurité des clubs. Mais il ne vit sa liberté que prudemment et dissimule sa nouvelle vie à son jeune frère Kirem, à la colère muette.
Par une journée de juin, Oumar est soudain mêlé à l’impensable, au pire, qui advient dans son ancien lycée.
La police est formelle : le terrible attentat a été commis par un lycéen tchétchène.

Des hommes couleur de ciel est l’histoire de deux frères en exil qui ont voulu reconstruire leur vie en Europe. C’est l’histoire de leurs failles et de leurs cicatrices. Une histoire d’intégration et de désintégration.

Mon commentaire :

Ce que j’avais pris pour un énième roman sur les attentats s’avère un récit beaucoup plus complexe et passionnant que j’ai lu d’une traite.

Anaïs LLobet a situé l’action de son roman aux Pays-Bas où un attentat est commis dans un lycée par un jeune Tchétchène. A la recherche d’éventuels complices la police fait appel à sa professeure de Russe. Cette jeune femme de même origine fait tout pour se fondre dans la société néerlandaise jusqu’à renier ses racines. Elle se pose beaucoup de questions. Elle nous montre la difficulté à s’extraire de sa culture d’origine, le poids des traditions, l’isolement de l’immigré et aussi sa responsabilité d’enseignante qui n’a pas compris ce qui se tramait. Face à elle, il y a la colère du jeune qui n’accepte pas son nouvel environnement contraire à la tradition des hommes de son clan.

Il y a bien évidemment aussi les hommes couleurs de ciel et celui qui préfère le statut de terroriste qu’avouer sa vérité.

Les situations sont finement analysées, les personnages émouvants, le rythme soutenu, les mots sonnent juste. Ce second roman, après Mains Lâchées, est une belle réussite. L’auteure, journaliste, ayant travaillé à Moscou et en Tchétchénie sait de quoi elle parle et connaît la violence de la société qu’elle décrit, violence qui ne s’arrête pas à la frontière du pays. (Et je n’ose pas penser au statut de la femme dans cette civilisation pourtant pas si éloigné de chez nous).

Sélection du premier semestre 2019 des 68 premières fois   banderole

224 pages 

Code ISBN:  979-10-329-0534-0